Habiter

le 24 janvier 2010, par LaTartine

Cherche cabane, n’importe où dans la montagne, loin des routes et des grands sentiers, eau courante pas nécessaire, électricité superflue, poêle à bois bienvenu, petits courants d’air acceptés.

Cherche cabane pour écouter la pluie tomber et attendre la lune se lever.

Cherche cabane pour découvrir la neige au lever du jour.

Cherche cabane pour guetter le passage des renards et surprendre les galopades des loirs.

Cherche cabane pour y emmener celles qui n’ont pas peur du noir et leur conter sous la couette des histoires sans fin.

Cherche cabane pour y déposer mes rêves.

Cherche cabane pour habiter enfin !

Depuis des années, un ami cherche désespérément une cabane dans les montagnes autour de Grenoble, et hier, j’ai bien apprécié l’expo Habiter au Musée Dauphinois. Je vais lui proposer cette petite annonce…

La cabane de la photo, dans le Vercors, est occupée souvent par des randonneurs de passage. Il faut juste pousser la porte.

Ailleurs, pour se changer les idées

le 21 janvier 2010, par LaTartine

Quand il fait froid dehors (et pas si chaud que ça dans la maison), rien de tel que ressortir les photos d’un pays chaud.

Par exemple, l’été dernier dans l’île de Nantes, nous avons rencontré un cornac qui correspondait en tous points à la définition du petit Robert : celui qui est chargé des soins et de la conduite d’un éléphant.

Pour voir l’éléphant il faut prendre du recul.

L’œil est vif, les grandes oreilles battent pour écarter les mouches. Quand l’éléphant de Royal de Luxe barrit cela fait peur aux enfants. Quand il balance de l’eau avec sa trompe, les mamies craignent pour leur mise en plis.

Le sol tremble quand il avance, mais la démarche est fluide.

Peut-être que ces deux petites filles vous diront que plus tard elles voudront être cornac.

Tout va mal

le 20 janvier 2010, par LaTartine

Inquiète ? Même pas…

Spectatrice, plutôt…

Ou mieux, embarquée parmi les acteurs d’une tragédie antique et couleur locale qui se met en place brutalement. La distribution des rôles s’est faite naturellement. L’issue semble inévitable, mais chacun va jouer sa partition.

Voilà ce qu’en dit le chœur :

Depuis plus de six mois, le peuple médusé assiste à un grand remue-ménage chez les Dieux chargés de diriger l’Entreprise. Dès sa nomination, le nouveau Jupiter, investi des pleins pouvoirs et de la confiance de l’administrateur général, a dégommé tous les dieux annexes qui ne pensaient pas exactement comme lui. Il les a remplacés par des sbires avec un slogan en trois mots comme feuille de route : Réduction des coûts.

Puis en fin d’année, Jupiter a fait savoir que les « Grenoblois » lui posaient problème (texto) et qu’il allait s’en occuper personnellement (texto encore). L’information a traversé les couloirs, certains s’en sont émus, mais la plupart ont préféré penser que c’était encore un coup d’éclat de Jupiter et qu’il n’y avait pas de menace à l’horizon.

Un mot sur les « Grenoblois » : il ne s’agit pas de l’équipe de foot locale qui empile les défaites malgré son beau stade tout neuf érigé en pleine ville. Ceux-ci ont des raisons de s’inquiéter pour leur devenir, mais c’est un autre débat. Dans le cas présent, Jupiter se préoccupe du sort d’une centaine de scientifiques dont l’implantation historique à Grenoble fait tâche dans l’organigramme de la grande Maison.

Et voici les Grenoblois catapultés dans le rôle du village gaulois ! Ils viennent d’apprendre que Jupiter a demandé un rapport qui lui dira ce que coûterait le rapatriement à Paris des troupes dissidentes (l’emploi du conditionnel permet de garder une porte ouverte). Bien sûr que les Grenoblois n’auraient pas dû être au courant de ce rapport ! Mais comme il a fallu trouver des rédacteurs qui sachent à peu près de quoi il s’agit, il y a eu des fuites.

Deux Créon ont été dépêchés ce lundi dans le « village » pour répondre à la vive émotion des intéressés. Le premier a dit aux uns qu’il ne savait rien puisqu’il n’était nommé que depuis une semaine. Argument imparable, il était néanmoins accompagné par la DRH, au cas où… Et le second a dit aux autres qu’il était là pour faire appliquer les décisions divines mais que pour l’instant il ne fallait pas s’inquiéter car rien n’était joué… C’était drôle comme ses mains n’arrêtaient pas de gigoter alors qu’il tentait d’être rassurant.

Et maintenant, le casting est en place et le scénario en route. Le chef des Grenoblois s’est enfermé dans son bureau pour écrire ce fichu rapport. Est-il prêt à défendre les compétences de son équipe bec et ongles ? Il a tous les éléments pour expliquer « combien elle vaut » plutôt que « combien elle coûte ». De leur côté, les syndicalistes prennent les choses en main et organisent des assemblées générales. Les pleureuses (qui sont en réalité des pleureurs mâles) se lamentent en passant d’un bureau à l’autre. D’autres ne perdent pas de temps et se projettent déjà dans une autre vie en astiquant leur CV. Mais la plupart des gens se sont remis silencieusement au travail, sûrement pour éviter de penser. Signe funeste, on n’entend plus celui dont le rire tonitruant s’engouffre habituellement dans le couloir : il chuchote en se tenant la côte fêlée la semaine dernière sur le verglas.

Tout va mal.

En guise de Jupiter, vous aurez le Roi Soleil sur la place Bellecour à Lyon.

la rentrée

le 4 janvier 2010, par LaTartine

La rentrée de ce matin, je l’imaginais comme ceci

Et surprise ! le petit matin se présentait comme cela

Les bus avaient renoncé à sortir, les rues mal déneigées étaient encombrées. Alors, je ne me suis pas fait prier pour choisir le chemin des écoliers

qui passe par le bord de l’étang

et je n’étais pas la dernière arrivée!

Dessin extrait d’une fresque de Dan Perjovschi exposée à la Sucrière (Biennale de Lyon 2009)

Prescription pour 2010

le 1 janvier 2010, par LaTartine

Le long des berges de l’Isère avant d’arriver à Grenoble, sous l’autoroute et sur au moins 500 m d’affilée, la douceur n’est pas vraiment au rendez-vous

Mais  j’y trouve des couleurs pétantes, de l’énergie à revendre, une créativité brouillonne et foisonnante

Ce qui finalement est un bon départ pour une nouvelle année !

Bonne année à tous !

Eve a des soucis

le 21 décembre 2009, par LaTartine

Ce matin, ma copine Eve n’était pas en grande forme. Il ne lui a pas fallu longtemps pour raconter ses déboires avec la maréchaussée et pour pleurer ses derniers points de permis qui sont en train de s’envoler.

ève

« Cette fois-ci, a-t-elle dit, je roulais tranquillement en ville en écoutant la radio, l’émission était passionnante. J’ai suivi machinalement la voiture qui tournait à droite. Et bingo ! Un doigt accusateur s’est tendu vers moi : j’avais grillé un feu rouge sans m’en apercevoir ! »

vous là-bas!

« Ce n’était pas le moment de discuter, le gendarme était là pour faire du chiffre et bien sûr, ma cause était encore une fois indéfendable. »

Dieu

« Sans compter qu’il était accompagné d’une escouade de jeunes recrues en formation. J’étais le cobaye idéal : il a pu leur montrer comment ne pas se laisser influencer par les soupirs et les excuses d’une femme désolée de s’être fait prendre la main dans le sac… »

jeunes recrues en formation

« Pendant qu’il me verbalisait, des jeunes gendarmes bien trop z’ailés s’entraînaient à arrêter tout ce qui roulait. Tu aurais vu le massacre ! «

les zélés

Je n’ai pas pu m’empêcher de dire à Eve qu’elle devait bien regretter le Paradis. « Bof, m’a-t-elle répondu, au contraire, cela m’a plutôt rappelé comment on s’en est fait virer. »

« D’abord ce que tout le monde a oublié, au Paradis tout était interdit. Dieu avait tellement peur qu’on prenne sa place ou qu’on fasse des saletés qu’il nous surveillait sans cesse. Et puis un jour avec Adam on s’est fait coincer bêtement pour une histoire de poire ou de banane, je ne sais plus. »

surveillance divine

« Il faut dire qu’on n’a pas fait très fort ce jour-là : Adam a prétendu mordicus que c’était de ma faute »

Adam accuse Eve

« Et moi, j’en ai rajouté dans la mauvaise foi, j’ai dit que c’était celle du serpent. »

Eve accuse le serpent

« Bonjour la solidarité ! » j’ai dit trop vite, et je me suis reprise aussitôt.  « Excuse-moi Eve, ça m’a échappé. »

c'est pas moi

Eve a repris : « Tu peux le dire. Nous avons été minables sur ce coup. Et un crétin qui passait par là en a profité pour garder un souvenir de cette scène lamentable, et tu connais la suite, on en a fait tout un plat. »

Dieu réprimandant Adam et Eve

Je ne savais plus quoi dire à ma copine pour lui remonter le moral. Je n’ai rien trouvé d’autre que lui demander combien de points elle avait encore perdu : 4 points ! Et il ne lui en reste que 2 petits…

Le tableau se trouve au Musée de Grenoble. Il est dû à Domenico Zampieri dit le Dominiquin (vers 1623) et s’appelle Dieu réprimandant Adam et Eve.

Soupe carottes-coco

le 14 décembre 2009, par LaTartine

Une petite recette pour se réchauffer. Ce dimanche nous avons testé avec succès le poisson à la vanille d’Annie-Claude. L’utilisation de cabillaud à la place du mahi-mahi n’a pas nui au résultat, c’était fameux. Mais, dans cette recette, il faut un tout petit peu de vanille et surtout du lait de coco. Que faire donc du lait de coco restant?
Un peu de i-biblio (au moins la 10ème page de google) m’a conduite dans le blog de Cécile pour une soupe de carottes au lait de coco. Je recopie la recette comme je l’ai préparée ce soir (pour être sûre de la retrouver un jour puisque laTartine me sert de cahier de recettes).

Tag (parc des ateliers)

Dans une casserole, faire revenir un gros oignon et une gousse d’ail hachés dans un peu d’huile d’olive pendant 5 minutes. Ajouter les carottes en rondelles et du gingembre frais ou en poudre et faire revenir encore 5 minutes. Ajouter un bouillon cube de volaille et recouvrir d’eau bouillante. Laisser frémir doucement 20 minutes à couvert.
Hors du feu, ajouter du lait de coco et mixer.

En ne mettant pas de lait de coco c’est bon, en en mettant un peu c’est très bon, en en mettant beaucoup c’est très bon aussi mais c’est différent. Il faut tout essayer!