Avec eux, de tout cœur

le 19 mars 2011, par LaTartine

« Please tell French people around you that Japanese are struggling against this disaster in a single body and we Japanese never give up. »

C’est la dernière phrase du mail d’un collègue de Laurent.  Il répond que lui et sa famille vont bien et parle surtout de la course contre la montre pour refroidir les quatre réacteurs. L’enjeu est tellement important qu’il faut que ce miracle arrive. A ce stade, les solutions ne sont malheureusement plus du ressort de la  technologie de pointe; même avec de l’eau disponible et l’électricité rebranchée, il faut compter sur la ténacité, le courage, l’inventivité de ceux qui se battent là-bas et… sur la chance (si on peut dire). Il faut à tout prix refroidir !

La photo a été prise à Lyon lors du beau spectacle d’Ariane Mnouchkine: « les naufragés du Fol Espoir »…

Les romaines de Vaison

le 31 janvier 2011, par LaTartine

Pas trop l’envie d’écrire en ce moment, alors aujourd’hui ce sera juste une balade frisquette et  sans conséquence dans les ruelles de la ville haute de Vaison-la-Romaine (avec des photos du 24 décembre).

L’Ouvèze coule en venant vers nous; à gauche la ville active et l’ancienne ville médiévale se trouve de l’autre côté du pont romain, donc à droite.

Au sommet de la colline, voilà ce qu’il reste du château des Comtes de Toulouse. Le mât est tendu, l’étendard s’effiloche et claque au mistral ! Les fers à repasser peuvent voler.

Bien entendu, il n’y a personne en hiver dans les rues glacées et toutes les échoppes à touristes resteront fermées jusqu’aux beaux jours, et c’est très bien comme ça.

Personne? Mais tu as vu un jeune homme à la fenêtre! Et un peu plus loin au-dessus d’un garage, regarde cette dame !

C’est parti pour un jeu de piste imprévu, nous allons faire le tour  des photos sympas encastrées dans les encoignures! Tu viens?

Nous marchons vite, il fait vraiment froid. Tu t’arrêtes devant ce garçon qui rêvasse, adossé au mur. La photo ajoute un niveau de profondeur supplémentaire.

Allons voir de près ces deux belles Romaines endimanchées. Une petite visite alimentera leurs papotages. Quoi! tu te sens ridicule et engoncé dans ton manteau et tes écharpes? Ce n’est pas une raison pour ne pas engager la conversation, mais…  si tu y tiens, repassons de l’autre côté du pont et allons nous réchauffer dans un troquet. 

Une bien belle route…

le 14 janvier 2011, par LaTartine

L’homme brisé est à terre, trahi par ses jambes qui ne le portent plus. La fille se précipite vers l’homme à terre, essaie de le soulever, de le remettre en ordre de marche. Elle tire, pousse, s’arque boute, il est trop lourd, rien n‘y fait. Elle persiste, le secoue, le supplie, se fâche pour de bon. Rien de tel qu’une bonne engueulade en finnois pour remettre un homme debout !

L’homme finit par accepter l’aide de la fille pour tenter de se relever. Elle accompagne son effort, lui offre l’appui qui lui permet de faire un pas, puis de se lancer avec elle. Les mouvements s’enchaînent dans la confiance accordée. Par moments, on ne sait plus lequel apporte un appui à l’autre. Les mains, les pieds de ces deux-là se rencontrent, ne se lâchent plus. Le spectateur assis à quelques mètres des deux danseurs, ressent lui-aussi ce contact très fort qui nourrit la danse.


C’était hier soir à la MC2 : « Sur la route » avec Antoine Rigot et Sanja Kosonen de la Cie Les Colporteurs. Le site mérite la visite et peut-être que le spectacle passera bientôt dans ta ville.

Les sculptures sont de Jeff Saint-Pierre. Alpana se trouve à Tréminis dans le Triève et Augusta à Aoste en Isère (connu pour son jambon cru, à ne pas confondre avec le val du même nom en Italie). Il en existe 5 autres, à trouver dans 5 communes situées sur les bords du département de l’Isère (Besse-en-Oisans, Le Péage-de-Roussillon, Les-Roches-de-Condrieu, Sablons, Villette-d’Athon)

A propos des canards

le 5 janvier 2011, par LaTartine

L’hiver est rude cette année. Chaque matin le trou est plus petit que la veille, et pourtant les canards, rassemblés au seul endroit liquide de l’étang, n’arrêtent pas de pédaler.

canards 1

Des poules d’eau ont joint leurs efforts à ceux des canards. Elles ne sont pas très efficaces mais font ce qu’elles peuvent et les canards sont sympas, ils apprécient l’aide apportée.

canards 2

Ce matin, un des premiers rayons de soleil de l’année. Clicke pour admirer le reflet des falaises du Vercors dans l’eau. Les falaises ne se reflètent pas sur la glace, c’est sans doute la raison pour laquelle les canards tiennent à garder un coin d’eau. Les canards sont des artistes…

canards 3

Quand pédaler dans l’eau glacée ne suffira plus pour desserrer l’étau, peut-être que les canards iront chercher ailleurs des cieux plus cléments…

canards 4

Voilà à quoi je pense le matin en partant travailler. Je me sens solidaire de ces volatiles et de leurs moulinets obstinés. Au boulot nous sommes une centaine à pédaler en vain. Il va être temps de changer de mare.
A part ça, tout va bien et que 2011 vous soit clément !

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canards 1
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canards 4

La suite du voyage

le 4 décembre 2010, par LaTartine

On aurait alors pris le transsibérien dans la gare de Grenoble

qui se serait élancé bravement dans la tempête de neige.

L’hiver rude aurait maltraité le matériel, contraignant les passagers à changer de train à … Lyon

Et au bout d’un long parcours dans des contrées frigorifiées

nous serions arrivés dans les plaines de Sibérie

bien défendues par des cosaques armés de boules de neige

Etonnement

le 2 décembre 2010, par LaTartine

Il suffit de quelques flocons pour découvrir sa ville avec un autre regard, à l’heure du premier TGV.

Une rencontre

le 25 novembre 2010, par LaTartine

C’est parce qu’il est très vieux qu’il a tant de choses à raconter. Méfiez-vous, c’est un bavard.

Si vous le laissez faire, il évoquera des couchers de soleil époustouflants, des étés torrides et des hivers mordants, pensez-donc,  à 800 et quelques mètres d’altitude, le climat n’est pas tendre ! Il listera des orages calamiteux et des gelées punitives. Il vantera ses floraisons magiques d’antan, si tôt dans le printemps, suivies par des récoltes qui assuraient la fortune de « son » paysan.

Si vous ne l’arrêtez pas, faisant fi de toute pudeur, il vous montrera ses rides et ses cicatrices intimes, comme autant de décorations obtenues au champ d’honneur.

Vous aurez droit aussi à l’historique de toutes ses hernies : voilà donc des preuves de sa dure vie. Il vous demandera de les palper pour bien vous rendre compte.

Comme un vieux combattant, il se réjouira d’exhiber un membre mal amputé et vous n’échapperez pas au compte minutieux des anneaux qui confirmera irréfutablement son grand âge.

Il vous dira que ça le chagrine ne ne plus offrir au promeneur estival une ombre réparatrice sous sa ramure, mais qu’il héberge maintenant deux boules de gui (qui le dévorent) à l’intention des amoureux pour un baiser à l’an neuf. Puis oubliant sa tristesse, il se vantera bien-sûr d’avoir été photographié sous toutes les coutures, comme une star !

Puis l’amandier de la Rochette-du-Buis se taira un moment, et vous posera la question qui le taraude : dites-moi, est-ce que maintenant, j’ai l’air d’un baobab ?