Intermède

Publié le 13 mai 2009 dans Ailleurs, New-York.

« - On peut faire une fixation sur un pays sans y être allé. Par exemple, dans mon enfance, j’avais choisi les îles Kerguelen. J’avais accumulé des tas d’informations sur cet archipel. J’en savais tout ou presque, jusqu’au jour où j’y suis allé.

- Evidemment, tu t’es aperçu sur place que ça ne correspondait en rien à ce que tu avais appris.

- Pas du tout. C’était en tous points conforme à ce que j’avais imaginé.

- Alors tu avais fait un voyage pour rien ?

- Sur l’essentiel, je n’ai pas été surpris. L’éblouissement est venu des détails, des circonstances. C’est sans doute pour cela qu’on voyage : pour l’accessoire, le fortuit. »

Courlande, page 43, Jean-Paul Kauffmann, 2009

Brooklyn, Williamsburg

A Brooklyn, on trouve des endroits inattendus où il fait bon s’arrêter et pourquoi pas, en face de ce paysage de gratte-ciel, se plonger avec délices dans la narration d’un lent et beau voyage en Courlande, où pourtant il ne se passe pas grand chose.

(La Courlande, qui n’a rien à voir avec les Kerguélen, est une partie de la Lettonie, sa façade maritime sur la Baltique)

3 commentaires sur “Intermède”

  1. caro_carito a écrit :

    j’aime bien l’extrait. Un voyage, avant, après. pendant.

    Et les statuettes du métro sont sympa!

  2. laTartine a écrit :

    caro_carito > le reste du bouquin est bien aussi, on y découvre une contrée avec des chateaux oubliés dans les forêts, un pays laminé par l’Histoire. J’aime beaucoup l’écriture de JP Kauffmann, découverte l’an passé dans La maison du retour.

  3. hieronima a écrit :

    … « pour l’accessoire, le fortuit » … Oui

    Cela rejoint le point de vue de (???? j’ai oublié son nom) ds un article de la
    « Nouvelle revue française » (années 90) 4 pages de description d’un périple
    à travers divers pays, puis il se demande pourquoi voyager …. et conclut

    « Circulez, il n’y a rien à voir » !!!

    (pour ma part, j’aime énormément tes « notes » de voyage, merci …)