La fin d’un ami

Publié le 19 avril 2010 dans Non classé.

Il n’y aura pas de photo 9780 et je me sens responsable de la fin misérable de mon petit Canon.  Quand j’ai mis le contact, il a essayé une dernière fois de s’ouvrir, je l’ai entendu d’abord racler, puis ahaner, forcer, et puis plus rien… Il est mort à mi-course. Impossible de lui fermer son oeil qui, maintenant, va prendre la poussière, quelque part au fond d’un tiroir.
Quatre ans et demi de bons services, toujours prêt au fond de mon sac ou dans ma poche les jours de balade. Il n’était pas gourmand, une bonne recharge de temps en temps suffisait à le rassasier pour une semaine d’usage intensif. Et comme un bon chameau, il savait se faire sobre quand les circonstances l’exigeaient.
Voici sa presque dernière photo: une cohorte de fourmis humaines sur la dune du Pyla.

En ce lundi 12 avril, sur cette dune monstrueuse, le sable doux et chaud aux pieds compensait le vent un peu trop frais. Mais les précautions n’ont pas été suffisantes pour le protéger, sans doute d’un grain de sable dévastateur.

Ce soir le SAV d’un grand magasin dont le nom commence par F, l’a déclaré mort et m’a déconseillé de l’envoyer au fabricant. Dans le rayon d’à côté, aucun de ses semblables n’a de viseur. Les fiches comparatives n’étaient pas disponibles et le vendeur qui avait l’air épuisé n’a pas voulu me donner d’autres conseils que d’acheter le modèle en promotion.

6 commentaires sur “La fin d’un ami”

  1. Laurence a écrit :

    Je te présente mes plus sincères condoléances, mais il faut croire que quatre ans et des grains de sable, c’est un bel âge et la fin d’une belle vie pour ce genre d’objet.
    Pas de viseur ? mais ça sert à quoi, un viseur ? j’ai perdu cette chose de vue en passant au numérique et je m’amuse encore plus qu’avant.
    Bonne chasse au joujou magique !

  2. Your Mirror a écrit :

    Un grain de sable, un peu de poussière de cendre … ce sont les toutes petites choses qui détraquent le monde en ce moment !

    Les reflex ont toujours un viseur, eux :)

  3. laTartine a écrit :

    Laurence> ta compassion me touche… J’ai l’impression de sortir toute nue sans mon appareil dans la poche.
    L’absence de viseur me perturbe quand même, car je trouve qu’on a vite l’air cloche en tenant l’appareil à bout de bras, surtout quand on ne voit plus rien sur l’écran avec le soleil. Mais si c’est ça le progrès, je m’adapterai sans rechigner. Si! Si!

    Célinette> tu me prêteras ton nouvel objectif?

  4. Bleck a écrit :

    Et alors, ton impression sur cette dune ??

    Bleck

  5. laTartine a écrit :

    Bleck> incongrue, effrayante, dépaysante, magnifique. Nous sommes arrivés à vélo par le côté nord, par en haut, et donc avec très vite une vue d’ensemble de la dune.
    J’ai pensé au roman d’Abé Kobo: la femme des sables. « Un homme marchant dans le désert, décide de faire une halte pour se reposer. Des villageois lui proposent de passer la nuit dans leur village. Il est accueilli par une femme qui lui offre le gîte et le couvert. Pendant la nuit, la femme se lève et ramasse le sable qui s’écoule des parois de sa maison. Au petit matin, l’homme réalise qu’il a été fait prisonnier. »

  6. Bleck a écrit :

    Ce que tu narre sur ce roman est en effet effrayant. La dune du Pyla a cette particularité d’être de dimensions extraordinaire ce qui permet de l’aborder de façons différentes… depuis le somment ou bien alors depuis la presqu’île en face (le cap Ferret) ou encore depuis le pont d’un bateau elle est majestueuse superbe. Sur sa face continentale et par mauvais temps et avec un minimum d’imagination elle a une allure d’ogre terrible elle avale forêt et maisons… Mais elle n’est pas la seule !

    Bleck