Comment naissent les huîtres

Publié le 20 avril 2010 dans Bordeaux-Arcachon.

Ce n’est pas tout de manger des huîtres, il nous faut savoir comment les ostréiculteurs s’y prennent pour les faire « pousser » et surtout comprendre à quoi sert le bric-à-brac qui traîne autour des cabanes. Et justement, la maison de l’huître du Bassin d’Arcachon est là pour répondre à nos interrogations.
Nous sortons du musée avec l’impression qu’il s’agit là d’un dur métier qui exige un beau savoir faire et énormément de manipulations dans des conditions pas toujours faciles.

Sans étaler ma science toute neuve et sûrement approximative, je vais juste parler des objets qu’on voit un peu partout.

D’abord, ces tuiles blanchies : chaulées, elles sont déposées dans l’eau quand les mesures de la concentration en larves d’huîtres indiquent que c’est l’époque du frai. Très vite, les petites huîtres vont venir s’accrocher sur la surface et commencer à se développer. Tout support est bon! nous avons vu un vélo qui avait passé un moment dans l’eau, il était lui aussi couvert d’huîtres!

La récupération du naissain se fait en grattant la surface des tuiles avec une machine: zimm! sur une face, zamm! sur l’autre et voilà plein de petites huîtres (de l’ordre du cm)  qui vont être mises dans des « poches » pour continuer à grandir au fond de l’eau. L’opération s’appelle le « détroquage ».
Dans l’eau, les tuiles sont disposées en quinconce pour offrir la surface maximale d’accrochage.

Une autre méthode est pratiquée en utilisant, à la place des tuiles, des coupelles en plastique souple, enfilées sur un tube.

L’inconvénient des coupelles, nous a-t-on dit, est de se décrocher puis d’aller se perdre dans le Bassin.

Les « poches » pleines de petites huîtres sont disposées et accrochées sur des « tables » dans les parcs à huîtres. Pendant les 3 années de croissance de la bête, l’ostréiculteur va retourner les poches; il va les rapporter plusieurs fois à terre pour les vider et inspecter les coquillages. Il va « désatroquer » (*), c’est-à-dire détacher, celles qui se sont soudées en paquets. Il va enfin remettre tout ce petit monde bien à l’aise dans des poches à maille éventuellement plus grande; puis il ira rapporter les poches dans les parcs.

(*): le petit Robert ne connaît que le détroquage. Dans le Bassin, on fait la distinction entre les deux opérations.

Les marées cadencent les va-et-vient des ostréiculteurs entre les cabanes et les 3500 parcelles du bassin. Sur la photo, c’était l’heure du retour.

A la fin de la visite du musée, quand la guide a demandé si quelqu’un voulait apprendre le métier d’ostréiculteur, personne n’a oser se lancer!

En me relisant, je m’aperçois que je n’ai pas dit comment les huîtres font les bébés. Hé bien c’est compliqué. On nous a dit que lorsqu’elles ne sont pas hermaphrodites, elles sont alternativement mâles et femelles. Cela me plaît d’imaginer ce que cela donnerait si les humains étaient dotés de la même capacité…

8 commentaires sur “Comment naissent les huîtres”

  1. Bleck a écrit :

    Comment se reproduisent les huites… Je n’en sais foutre rien… en plus ces cochonnes sont ermafrodites (oui, je sais l’orthographe…) alors t’imagines ! la prochaine fois (c’est à dire la prochaine fois…) que tu viens du côté Sud Ouest, un petit mail au vieux Bleck et je me permettrai de t’indiquer deux ou trois plans, gratos, comme ça…
    Ton impression sur le Bassin ?? L’accueil, les paysages, galères pas galères… Il est toujours intéressant de connaître le feeling du visiteur…

    Bleck

  2. laTartine a écrit :

    Bleck> je note ! merci !
    Les impressions arriveront dans les prochaines notes, suivant l’humeur de la patronne ;o) Mais ça restera très personnel et pas forcément partagé par quelqu’un qui a une autre façon de voyager!

  3. caro_carito a écrit :

    Les marées cadencent les va-et-vient des ostréiculteurs entre les cabanes et les 3500 parcelles du bassin

    Pour le homme / femme je te cite (directement de la mythologie) un extrait derififi sur l’olympe, tu me diras ce que tu en penses et je précise je n’en suis pas l’auteur…

    « « Rhâââââââ…. Voilà, non mais ça c’est le pompon ! Comment voulez-vous que nous vous passions cette histoire-là. » Le vieil homme leva les yeux vers la harpie qui se tenait devant lui et qui brandissait une feuille de papier. « Tirésias. » lui lança-t-elle d’un ton accusateur. Qu’avait-il fait le brave ? Il avait plutôt été bon dans sa partie. Une apostrophe cinglante le tira de sa réflexion : « Non mais, comme châtiment, on ne lui a infligé que la cécité à ce monstre mais c’est une guerre qu’il fomentait. » Soudain, il se souvint de l’histoire et ne put se retenir de rire. Si elle savait… Tirésias n’avait jamais été aveugle, enfin le service avait dû constater cela de visu. Pour son changement de sexe temporaire, personne ne lui avait vraiment demandé de précision. Même chez les dieux, on pouvait rester discret. Et ils avaient tous été très fiers de la répartie qu’ils avaient mis dans sa bouche suite à une querelle de la très jalouse Héra avec Zeus : « Si en amour le plaisir était compté sur dix, les femmes obtiendraient trois fois trois et les hommes seulement un. »

  4. caro_carito a écrit :

    rififi je précise je l’ai écrit par contre !

  5. Annie-Claude a écrit :

    Vous voilà bien spécialistes maintenant !
    on n’y pas assez autour de ce bassin, c’est certain, même s’il y a huitres au menu à midi, comme presque chaque dimanche…

  6. laTartine a écrit :

    caro_carito> les histoires qui courent sur ce Tirésias sont bien mystérieuses! et on ne se méfie jamais assez de la jalousie des dieux!

    Annie-Claude> On aimerait y aller parfois le soir, sur un coup de tête, juste pour manger quelques huîtres en attendant le coucher du soleil sur l’étang!

  7. Annie-Claude a écrit :

    Bon, pardonne moi laTartine, mais ici personne ne parle d’ »étang », mais de Bassin. Bassin d’Arcachon. Tu me fais penser à un ami commun, qui vient au Cap Ferret bientôt, et qui me parle de la « lagune ».
    Tu sais, les Girondins sont chauvins, et assez fiers de leur « bassin » !
    Tu me donnes bien envie d’y aller faire un tour le week-end prochain !
    Bonne fin de semaine à vous. Bises

  8. LaTartine a écrit :

    Annie-Claude> Que les Girondins me pardonnent!!!! Je ne le ferai plus!!!!