Cadenas

Publié le 10 novembre 2010 dans Mauvais plans, Russie.

Voilà 3 semaines que je n’ai pas trop le coeur à « tartiner » le soir en rentrant du boulot : l’annonce brutale de la décision de la direction de transférer en région parisienne les activités d’une centaine de personnes a fait l’effet d’une douche amère. La devise Shadok affichée sur les machines à café « Quand on ne sait pas l’on va, il faut y aller!!… et le plus vite possible«   résume l’absurdité de cette décision. Nous saurons bientôt si l’énergie déployée par les salariés depuis ces 3 semaines, pour démontrer en haut lieu ce qui sera perdu en démantelant une équipe qui gagne, va changer le cours des choses. Pour l’instant, notre avenir sans balise ressemble à ça :

Mais bon !

Ce matin, une note d’Annie-Claude m’a donné envie de lui renvoyer la balle en sortant des images de mes tiroirs. Jusqu’à cet été, j’ignorais tout de la mode qui consiste à se jurer un amour éternel en accrochant un cadenas sur un pont et en jetant la clé aux poissons. J’ignore de quel pays ça vient et je trouve que c’est une drôle d’idée ou plutôt une idée pas drôle du tout car le symbole me terrifie !

A Moscou, à côté du Kremlin, une passerelle sur la Moskova a été spécialement aménagée pour accrocher les amours cadenassées.

C’est un passage obligé pour les mariés du jour qui viennent bruyamment sceller leur union sur ce pont avec leurs amis et beaucoup de bouteilles. Des milliers de cadenas pendent dans les arbres métalliques disposés le long du pont.

Quand les arbres débordent de trop de cadenas, ils sont déplacés aux abords de la passerelle (pensez-donc! pas question de mettre des « serments » à la décharge!) en attendant de rouiller complètement. Et d’autres arbres aux branches nues sont mis à la place des vieux, ainsi va la vie des russes !

Coïncidence, hier soir nous avons vu un film russe : le dernier voyage de Tania. Cela se passe dans le nord, et il y a une scène où les mariés accrochent un cadenas et lancent la clé dans la Volga. Tania n’aimait pas son mari, et lui était fou d’elle. J’ai eu l’impression qu’elle laissait tomber la clé dans le fleuve comme elle se serait passé une corde au cou…

C’est peut-être une mode qui nous vient de Russie ?

En tout cas, si je reviens à ce qui me préoccupe un peu trop en ce moment, comme je n’ai jamais juré de suivre mon employeur où il voudra bien m’emmener, pas question de partir à Paris!

3 commentaires sur “Cadenas”

  1. Annie-Claude a écrit :

    Beau rebond !
    Je ne sais pas si les mariés défilent au pont des arts…
    Compte tenu du statut qu’on veut bien accorder à Paris, tout d’élégance, de charme, de poésie, grand lieu propice aux déclarations d’amour et aux séjours romantiques, je croyais naïvement que ces cadenas ne reflétaient que les élans du cœur et les promesses partagées.. ;-)
    Va savoir…

    PS : pour le déplacement à Paris justement, la poisse…. là ce n’est plus romantique du tout. Courage.

  2. Bleck a écrit :

    Une ballade à Paris, magnifique… travailler à Paris, la poisse… travailler à Paris, vivre en Banlieue : au secours !!

    Bleck

  3. LaTartine a écrit :

    Annie-Claude> la semaine prochaine nous en saurons peut-être un peu plus. Pour l’instant, tout le monde se démène en pensant qu’un revirement qui tiendrait du miracle est encore possible. Heureusement que le grand WE du 11 novembre a été l’occasion de bien se changer les idées!
    Bleck> et t’imagines habiter à Grenoble et travailler en lointaine banlieue parisienne ?