A fajã do João Dias

Publié le 30 août 2007 dans Açores.

La balade démarre des hauteurs de São Jorge. Regardez, la journée commence très bien, on distingue très clairement le cône parfait du Pico (2351 m) sur l’île en face. Entre ces deux îles peu éloignées, la mer s’enfonce de 1000 m et avec de la chance on peut voir sauter des baleines.

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Il n’y a pas vraiment de crête, mais un grand plateau tranquille, quadrillé en prairies où paissent des vaches paisibles malgré le brouillard très fréquent. On n’a pas compté, mais il paraît qu’il y a plus de vaches que d’habitants à São Jorge et l’île est réputée pour son fromage.

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STOP ! Ce n’est pas le moment de mettre le pilote automatique, le plateau s’arrête brutalement au bord d’une falaise recouverte d’une végétation épaisse. On découvre 500 m plus bas la côte nord de l’île, abrupte, inabordable.

fajã do João Dias
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Sauf que par endroits, il reste un rebord entre l’océan et la falaise, c’est ce qu’on appelle une fajã. Ce type de relief est une particularité de São Jorge. Des minuscules villages de cultivateurs s’y sont installés, profitant (surtout sur la côte sud) d’un micro-climat généreux en comparaison des hauteurs dans le brouillard ou balayées l’hiver par les tempêtes.

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Le sentier qui part du sommet de la falaise est le seul moyen d’accéder à la fajã do Joao Dias. Côté mer, il n’y a pas d’accès. C’est pour cela que cette fajã a été en grande partie délaissée, contrairement à d’autres qui ont bénéficié de la construction d’une route d’accès (en général, très pentue).
Les gens du pays qui ont leur modeste (mais précieuse) résidence secondaire dans la fajã arrivent au bord de la falaise en voiture et ils empruntent le chemin en compagnie d’un bourricot porteur. On trouve donc au sommet un petit parking à voitures et un enclos à bourricots.
Mais trêve de blabla, allons-y.

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Le sentier est excellent avec une pente régulière : on sent qu’il a été tracé pour descendre ou remonter au fil des siècles des colis, le nouveau-né ou l’aïeule.
Nous approchons de la côte.

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Cette petite chapelle bleue est au coeur du village. Une fois de plus nous arrivons après la fête: restent les guirlandes lumineuses (branchées directement sur le fil électrique entre deux poteaux), les grandes gamelles pour la soupe partagée et de très beaux bouquets d’anthuriums qu’on retrouvera dans beaucoup d’églises en cette période de 15 août (honte à moi, j’ai pas de photo, alors je mets un lien sur cette fleur impudique utilisée pour fêter la Vierge …).

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Alors que nous pique-niquions à l’ombre d’une petite haie, nous avons été très gentiment invités à partager le repas d’une famille de São Jorge qui se retrouvait dans le cabanon familial. La méthode à mimile (*) potassée pendant l’hiver a été d’une utilité toute relative pour discuter, mais on a bien rigolé.

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En dessous, c’est l’autre extrémité du village, et un sentier censé conduire à la petite fajã suivante, mais la végétation a dévoré le chemin. La balade s’arrête donc ici et je vous invite à remonter sur le plateau par le même chemin.
Pour la petite histoire, le temps a changé pendant que nous sommes remontés et nous avons fait le chemin de retour vers l’autre côté de l’île sous la pluie. A l’arrivée, nous étions trempés, il ne pleuvait plus alors nous sommes allés nous baigner le temps de faire sécher les habits. Elle est pas belle la vie?

fajã do Centeio
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(*): voici ce qu’on apprend dans les livres et les CD avec un accent lisboète parfait: « Era uma vez uma velha bruxa que vivia numa cabana no mejo de um bosque… A velha bruxa tinha um gato maltês chamado Alberto que tocava piano e falava francês … » Les connaisseurs apprécieront, les autres pourront utiliser un traducteur automatique.

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Un commentaire sur “A fajã do João Dias”

  1. marie turpault a écrit :

    Je lis, regarde les photos et comme tu décris tellement bien tout ce que tu as vu, vécu, je m’y croyais. Je n’ai pas l’impression qu’il y ait une foule de touristes là, ce qui rend cet endroit encore plus attractif.
    Vivement la suite
    Bon WE et bizzzzz