Une histoire de baleines

Publié le 25 octobre 2007 dans Açores, Lectures.

Cré moi, cré moi pas, LaTartine vient de passer 2 mois à bord du Péquod et ce n’était pas une sinécure. Elle y a chassé le cachalot sur toutes les mers du monde, par tous les temps. Vous connaissez peut-être le capitaine du Péquod et sa jambe manquante taillée dans un os de baleine : c’est bien sûr le capitaine Achab qui voulait retrouver le cachalot blanc qui l’avait estropié. Dès le départ, quand Achab nous a annoncé son intention de chasser coûte que coûte le funeste Moby Dick, nous savions tous que cette histoire de fous allait mal tourner : Achab était fou de vengeance, et Moby Dick rendu fou furieux pas tous ces chasseurs qui avaient tenté de le tuer.

Baleine

Hé oui, deux mois pour dévorer les 800 pages de ce superbe roman de Herman Melville. J’y cherchais des réponses à mes questions après avoir vu les installations baleinières des Açores, et ce fut une belle découverte.
Vers 1850, les chasseurs américains de Nantucket partaient pour des campagnes de pêche qui duraient 3 ou 4 ans. Les cachalots étaient dépecés en mer, leur graisse passée directement au fondoir et la précieuse huile était stockée dans la cale.


Vigie à terre, Terceira et baleinière de Pico

Pas de campagne de pêche aux Açores, mais des vigies sur la côte scrutaient la mer et signalaient aux terriens la présence d’une baleine. Les hommes quittaient alors instantanément leurs activités et se précipitaient dans les baleinières. Un bateau à moteur tractaient les baleinières vers l’emplacement où le souffle avait été aperçu et, une fois libérées, elles poursuivaient et harcelaient leur proie à la rame et à la voile. La chasse devait alors beaucoup ressembler à celle pratiquée à l’époque de Moby Dick. La baleine tuée était ramenée sur le rivage où des usines en exploitaient tous les morceaux.


Souvenirs de la grande pêche : le Capitaine Anselmo (1833-1912), fondateur de la chasse à la baleine sur l’île de Pico et les pavages de Lajes do Pico.

Les dernières baleines des Açores ont été chassées à la fin des années 90. Les pêcheurs açoriens n’ont jamais utilisé de harpon pneumatique ou électrique, contrairement aux japonais ou norvégiens. Aujourd’hui, les baleinières sont toujours soigneusement entretenues mais ne servent plus que pour des compétitions sportives, et les petites usines sont transformées en musées. Les anciens pécheurs discutent encore devant les hangars des baleinières. Ils doivent se raconter des histoires de cachalot, comme celle de Moby Dick …

Un commentaire sur “Une histoire de baleines”

  1. Kloelle a écrit :

    Il me faut relire ce livre lu à l’adolescence.
    C’est un beau billet que tu as écris…