Je n’ai pas la maladie de A.

Publié le 21 janvier 2008 dans Lectures.

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Faites un exercice.
Imaginez-vous dans la situation de celui dont l’histoire a été engloutie.
Imaginez-vous à table, dans l’ignorance de ce que vous mangez, de l’endroit où vous vous trouvez, des objets qui vous entourent, des gens qui vous parlent familièrement et qui vous paraissent des étrangers.

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Faites un exercice.
Souvenez-vous du plus intense moment que vous ayez jamais vécu et projetez-vous dans une vie où ce moment se répèterait à l’infini, exactement égal à lui-même.
Cette projection vous paraît-elle définir convenablement la forme idéale que devrait prendre le bonheur?

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Ces passages sont extraits de « on n’est pas là pour disparaître » d’Olivia Rosenthal (éditions Verticales). La photo qui illustre si bien le vide qui s’étend est celle de la couverture du livre.

C’est un livre dérangeant qui parle de la maladie de A. et aussi de son « découvreur » le docteur Alzheimer. Il est composé d’une succession de chapitres très courts qui mêlent les point de vues du vieux monsieur malade, de sa femme qu’il ne reconnaît plus, de sa fille qui lui plaît, des soignants, … Les voix se mêlent, se répètent, cherchent une issue, elles sont entrecoupées de ces « exercices » qui s’adressent au lecteur. « C’est à force de faire ce genre d’exercice qu’on finit par s’intéresser à la maladie de A. et presque à entrer dans la tête de ceux qui en souffrent. (page 83) »
Tout est suggéré, je n’ai pas toujours compris qui s’exprimait, je n’ai pas cherché à comprendre d’ailleurs, il aurait fallu lire plus lentement, se poser encore plus de questions! J’avoue, j’ai lu ce livre très vite, pour pouvoir le rapporter vite à la biblio, parce qu’il m’a mise très mal à l’aise. Je ne regrette pas malgré tout de l’avoir lu.

Une dernière phrase (page 100) que va s’approprier le lecteur : « Je n’ai pas la maladie de A., je ne l’ai pas encore, je crois que je ne l’ai pas, j’espère que je ne l’ai pas et que je ne l’aurai jamais.« 

4 commentaires sur “Je n’ai pas la maladie de A.”

  1. marie turpault a écrit :

    Pour le vivre actuellement, au sein de ma famille, ce n’est pas évident comme situation. Difficile d’avoir le comportement adéquat devant cette maladie et honnêtement, je ne la souhaite à personne. Mais, c’est l’entourage proche qui en souffre le plus. On est tous impuissant et il faut agir selon ses propres émotions. Tu as raison d’en parler puisque l’avenir, d’après les médecins ne sera pas très rose ; ils prévoient une augmentation très forte dans les prochaines années.
    Puisque je reviens doucètement (avec 1 béquille, on y arrive), je tiens à te remercier pour ton soutien moral durant ces 2 derniers mois.
    Bizzzzzzzzz

  2. laTartine a écrit :

    > Marie! ça y est! tu es revenue!

  3. Océane a écrit :

    Très difficile à vivre il est vrai pour l’entourage ;mon papa est atteint et ma maman ne veut aucune aide …mais elle est entrain de flancher sous le poids !!! Que faire ?Que faire quand toute aide est refusée! Je me sens tellement inutile !

  4. laTartine a écrit :

    > Océane : je compatis.
    Dans le livre j’ai trouvé intéressant que l’auteur cherche à exprimer le point de vue du malade. Pour lui aussi ce doit être terrible.