Dans les forêts (étapes 2 et 3)

Publié le 3 mai 2008 dans Chemins de St Jacques.

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Effectivement après une bonne nuit, tout était sec, et même le ciel avait arrêté de pleurer.

Deuxième étape : Lunas – Saint-Gervais de Mare. Voici les derniers asphodèles, le chemin quitte le paysage méditerranéen pour pénétrer dans le parc du Haut Languedoc encore très hivernal en cette fin d’avril.

Nous cheminons sur les crêtes sur une route forestière qui traverse tour à tour des forêts de châtaigners, de pins, de hêtres, de sapins, ou de chênes verts et encore des forêts de sapins, de hêtres et de châtaigners…

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C’est l’étape la plus longue de la semaine, mais nous avons toute la journée pour parcourir les 29 km annoncés. Sans la pluie, on apprécie les pauses au pied d’une cabane ou sur un banc providentiel (que fait-il là au milieu de rien ?) et les croquants aux amandes restent les bienvenus.

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Pour ceux qui se poseraient la question, il n’y a pas de caméraman qui nous suit en hélico : l’appareil est posé en équilibre sur un sac, la fonction retardateur enclenchée, et je dispose de dix secondes pour cavaler et m’installer en prenant un air naturel.

Troisième étape : Saint-Gervais – Murat sur Vèbre. La nuit a été pluvieuse et la nature dégouline encore au matin. Au départ il ne pleut pas mais il fait frisquet. Une forêt de très vieux châtaigniers entoure Murat. Dans un fouillis indescriptible, de jeunes arbres poussent au milieu des troncs béants de leurs ancêtres. Le chemin se joue des marcheurs en grimpant droit sur la crête pour redescendre quelques km plus loin retraverser la Mare.

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Une bonne partie de l’étape s’effectue sur des routes forestières, au milieu des forêts sans feuilles.
Nous commençons à penser que personne n’avait bien regardé la topographie des lieux en préparant la rando. Ce n’est pas ici qu’il fallait venir pour trouver un printemps précoce !

passage-du-gue.jpg Pour les passages de ruisseaux ou de gués, il faut mettre les pieds dans l’eau… avec… ou sans chaussures. De toutes façons une petite pluie glacée revient à partir de midi alors que nous mangeons dans un lavoir, seul endroit où s’abriter dans un hameau désert. Nous rêvons d’un habitant compatissant qui viendrait nous apporter un café fumant pour y tremper les croquants.
non-aux-eoliennes.jpg Il fait très froid, nous ne nous attardons pas et nous reprenons le chemin qui grimpe dans le brouillard. Un bruit sourd et lointain devient vacarme au fur et à mesure de notre avancée et c’est seulement quand nous arrivons à leur pied que nous découvrons un champ d’éoliennes et comprenons les protestations vues deux jours plus tôt. Mais sur cette crête, il n’y a personne des kilomètres à la ronde. Nous aurons l’occasion de voir que des éoliennes ont poussé un peu partout dans la région.

Il est temps que cette étape se finisse : des genoux grincent et coincent, il ne fait que 4 ou 5°C. Et les vœux les plus fous finissent toujours par s’exaucer ! Nous sommes attendus dans un gîte d’étape très confortable à Murat avec tout ce qu’il faut pour nous retaper, réchauffer, rassasier et passer une excellente nuit.

Et ceci était la dernière étape sous le mauvais temps !

2 commentaires sur “Dans les forêts (étapes 2 et 3)”

  1. KLoelle a écrit :

    J’ai vu que tu avais lu mon petit clin d’oeil aux croquants aux amandes.
    La fin du parcours a visiblement été plus agréable.
    La flèche est en coquilles St Jacques ?

  2. LaTartine a écrit :

    Kloelle> Oui, ton clin d’oeil m’a bien fait sourire! Et maintenant tu connais tous les secrets de fabrication. Succès garanti en rando! et d’ailleurs aussi, au chaud avec thé ou café !
    La flèche est en coquilles St Jacques, ce qui fait partie du folklore qui reste discret sur ce tronçon.