Et la suite sous le soleil (étapes 4 à 7)

Publié le 6 mai 2008 dans Chemins de St Jacques.

Le beau temps revenu, il ne reste plus qu’à avancer d’un bon pas en devisant gaiement, par les routes, les sentiers forestiers, les chemins moussus ou fleuris. Le paysage s’ouvre et nous sortons peu à peu de ces interminables forêts.

Les villages traversés portent les traces d’un exode rural très perceptible en cette fin d’hiver. Les vacanciers attendent l’été pour y trouver la fraîcheur de la campagne. Mais tout n’est pas perdu puisqu’une fréquentation en hausse du chemin redonnera vie à tous ces villages en permettant entre autres l’ouverture de commerces sur une plus longue partie de l’année.

Quelques vues des étapes : Murat-sur-Vèbre d’où nous repartons sous le soleil. Des éoliennes sur toutes les crêtes contribuent à la diversification des sources de production de kilowatts. Il en faut beaucoup pour faire autant qu’un EPR…
Surprise ! Nous avons passé hier la ligne de partage des eaux, la Vèbre va rejoindre le bassin de la Garonne.

La Salvetat-sur-Agout est l’étape suivante, 20 km plus loin. Nous nous installons dans le gîte d’étape municipal au son funèbre du glas sonné dans l’église toute proche. Faut dire que nous logeons dans le presbytère !

Nous avons identifié huit autres marcheurs qui avancent au même rythme que notre petit groupe de quatre. Les autres marchent seuls ou par deux. Un seul a le projet d’aller jusqu’à Compostelle. Nous nous croisons parfois sur les sentiers mais c’est à l’étape qu’on fait connaissance au gré des hébergements.
A Anglès, nous n’allons pas au gîte municipal déjà complet (6 places) au moment des réservations et nous nous sommes donc retournés vers un autre hébergement. Nous retrouvons cependant au village les « heureux » bénéficiaires dudit gîte qui nous font visiter un tout petit dortoir coincé sous la poste, « optimisé » avec ses six couchages. Pour eux la nuit sera difficile, mais chacun préfère en rigoler en se disant que cela aurait pu être pire par un jour de très mauvais temps ! Nous sommes loin du bling bling ambiant ! C’est ça aussi l’esprit du chemin !

Toutes ces dernières étapes ne font qu’une vingtaine de km, peu de dénivelée, ce qui laisse du temps pour profiter de la vie.
Boissezon est notre dernière étape avant Castres. Une filature a fait vivre le village jusqu’à la fin du 20ème siècle. Il ne reste que des turbines productrices de kW dans les locaux de l’usine. L’épicerie ouvre une heure par jour et la proximité de Castres à portée de voiture ne permet pas d’espérer une renaissance des commerces.
Le gîte d’étape municipal (dans la première maison à gauche sur la photo), d’un confort surprenant, est géré par Chantal qui tient aussi le restaurant du village et qui, ce soir, invite tous ses marcheurs au vernissage d’une expo. C’est très sympathique ! Le tout Boissezon est venu fêter la première expo de l’année. La partie historique du village a été sauvée de la ruine et transformée en village d’artistes avec ateliers et résidences.

Notre randonnée se termine le lendemain à Castres, jolie petite ville que nous découvrons à l’heure de son marché du samedi matin. Nous avons juste le temps d’acheter des bonnes choses que nous mangeons dans le jardin de l’évêché, véritable bijou dessiné par Le Nôtre (le jardinier de Versailles). La photo est prise des fenêtres du musée Goya qui mérite la visite.

Voilà, la balade est terminée avec, encore une fois, le regret de ne pas continuer à faire défiler le paysage sous nos pieds, regret tempéré quand même par une grosse fatigue due aux rigueurs et aux grosses étapes des trois premiers jours. Peut-être qu’une prochaine fois nous partirons de Castres pour marcher, pourquoi pas, jusqu’aux Pyrénées !

3 commentaires sur “Et la suite sous le soleil (étapes 4 à 7)”

  1. Annie-Claude a écrit :

    Beau reportage. Sûrement une manière authentique de visiter ces villages à l’agonie, dans lesquels on découvre souvent une vraie volonté de ne pas les laisser mourir doucement.

  2. celinette a écrit :

    ooh ! c’est le même sac à dos qu’en 1990 !
    beaux mollets et jolis chapeaux, sinon

  3. hieronima a écrit :

    … au départ, il pèse combien, le sac-à-dos ?