Grand prix du scénario (1/2)

Publié le 25 mai 2008 dans Non classé, Vieilles histoires.

Elle, c’est Atalante. Un jour elle a demandé à un oracle si elle devait prendre un époux. Epouvantée par la réponse du dieu, elle s’en est allée vivre dans de sombres forêts. Malgré tout, les prétendants viennent en foule. Pour les mettre en fuite, elle leur impose une condition: « Pas un de vous, dit-elle, ne me possèdera, à moins de m’avoir vaincue à la course ; luttez de vitesse avec moi. Le plus agile recevra pour prix de sa victoire ma main et mon lit ; ceux que j’aurai devancés paieront de leur vie leur défaite ; telle est la loi du concours. »

Lui, c’est Hippomène. De loin, il ne comprend pas l’empressement de tous ces prétendants qui risquent ainsi leur vie : « Est-il possible, disait-il, que l’on affronte un si grand péril pour conquérir une épouse ? »
Mais il s’approche et tombe éperdument amoureux de la belle qui devient encore plus belle quand elle court. Il va donc lui déclarer sa flamme en disant au passage qu’il n’est pas le premier venu, puisqu’il compte Neptune parmi ses ancêtres.

Et tandis qu’il lui parle, Atalante jette sur lui un doux regard et elle se demande si elle doit souhaiter la défaite ou la victoire. Elle le trouve trop beau, trop jeune pour mourir. « Ah malheureux Hippomène, pourquoi tes yeux m’ont rencontrée ? tu méritais bien de vivre : si j’étais plus heureuse, si les destins hostiles ne m’interdisaient le mariage, tu serais le seul avec qui je voudrais partager ma couche« .

Nous sommes en plein mélo ! Comme le dit Ovide : naïve, blessée par le dieu du désir pour la première fois, ignorant ce qu’il lui arrive, Atalante aime, sans se douter qu’elle aime !

Enrica Borghi : Vénus Voici le troisième personnage : c’est Vénus invoquée par Hippomène qui s’inquiète et aimerait bien un petit coup de pouce de la déesse pour la course : « Puisse la déesse de Cythère, je l’en conjure, m’assister dans mon entreprise et protéger la flamme qu’elle m’a mise au cœur ! »
Vénus qui n’hésite jamais à se mêler des affaires de cœur, entend l’appel d’Hippomène, mais comme elle n’avait pas encore inventé l’EPO, elle lui donne trois pommes d’or et lui explique ce qu’il devra en faire.
Et la course va commencer. Les trompettes donnent le signal, les spectateurs sont nombreux. Penchés en avant, les deux adversaires s’élancent et ils effleurent de leurs pas rapides la surface du sable. Il semble qu’ils pourraient raser à pied sec les flots de la mer et courir, sans les courber, sur les épis d’une blonde moisson (c’est Ovide qui raconte).
La foule encourage Hippomène, mais c’est Atalante qui prend le plus de plaisir aux cris des supporters du jeune homme. Oh ! que de fois, pouvant passer la première, elle s’est attardée à regarder le cher visage et ne l’a quitté qu’à regret !

Mais la fatigue commence à dessécher la bouche d’Hippomène et la borne est encore loin : alors il lance un des trois fruits. La jeune fille surprise, attirée par la pomme brillante, se détourne au milieu de la course et ramasse l’or qui roulait à terre. Hippomène la dépasse ; les applaudissement font retentir l’enceinte du spectacle. Atalante, d’un bond rapide, regagne le temps qu’elle a perdu par cet arrêt et, de nouveau, laisse le jeune homme derrière elle. Plus loin, retardée encore une fois par une seconde pomme lancée devant ses pas, elle le rejoint et le dépasse encore.
Reste à franchir la dernière partie de la carrière. Hippomène qui n’en peut plus lance la dernière pomme en oblique et implore encore le soutien de Vénus. L’intervention de la déesse consiste alors à forcer Atalante à aller chercher la pomme (pas folle la guêpe, elle avait fini par comprendre la ruse), et à alourdir les fruits dans les mains d’Atalante.
La course se termine enfin, Atalante est distancée et, comme dit Ovide, le vainqueur épouse celle qui était le prix de la lutte. Happy end, n’est-ce-pas?

Mais l’histoire n’est pas terminée !
à suivre

Hippomène et Atalante se trouvent dans la cour Marly au Louvre, Vénus d’Enrica Borghi était au MAMAC de Nice en octobre (cliquer pour voir les ongles), les pommes d’or sont dauphinoises.

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Enrica Borghi : Vénus

3 commentaires sur “Grand prix du scénario (1/2)”

  1. Guess Who a écrit :

    Ils eurent beaucoup d’enfants ?

  2. Annie-Claude a écrit :

    Ah bon, tu nous fais le coup de la « coupure pub » quand le suspense est à son comble ?

  3. laTartine a écrit :

    C’est tout à fait le coup de la coupure pub ! La suite (qui est prête) sera mise en ligne ce soir et ensuite silence et boulot jusqu’au prochain WE.
    Sans dévoiler la suite, pour les nombreux enfants, c’est mal parti…