Un soir avec un potimarron

le 17 novembre 2010, par LaTartine

C’est une recette de saison facile à préparer entre potes en rentrant d’une journée de balade.

L’un coupera un potimarron en morceaux après avoir ôté les graines (c’est inutile d’enlever la peau). L’autre épluchera un céleri-rave et le coupera aussi en morceaux. L’un et l’autre s’entendront pour mettre tout ça dans une casserole, sur un feu tout doux, avec 2 verres d’eau (un peu plus si les légumes sont gros) et un couvercle. Pendant ce temps un troisième pote aura broyé grossièrement des amandes et/ou des noisettes et les aura mélangées dans un bol avec du parmesan râpé et des raisins secs.

Et voilà, tous les trois disposent maintenant d’une bonne demie heure pour papoter tranquillement en prenant l’apéritif. Quand tout sera cuit dans la casserole (vérifier avec un couteau), l’un des trois se lèvera pour saler et donner un coup de mixer. Bien sûr, les deux autres auront mis le couvert sans oublier de poser sur la table le bol de raisins-amandes-parmesan ainsi qu’un pot de crème fraîche pour les gourmands.

C’est prêt! Chacun agrémentera comme il voudra sa soupe de crème et de fruits secs.

Dans le livre « Variations potimarron » de Cléa, il y a plein d’autres très bonnes recettes!

Cadenas

le 10 novembre 2010, par LaTartine

Voilà 3 semaines que je n’ai pas trop le coeur à « tartiner » le soir en rentrant du boulot : l’annonce brutale de la décision de la direction de transférer en région parisienne les activités d’une centaine de personnes a fait l’effet d’une douche amère. La devise Shadok affichée sur les machines à café « Quand on ne sait pas l’on va, il faut y aller!!… et le plus vite possible«   résume l’absurdité de cette décision. Nous saurons bientôt si l’énergie déployée par les salariés depuis ces 3 semaines, pour démontrer en haut lieu ce qui sera perdu en démantelant une équipe qui gagne, va changer le cours des choses. Pour l’instant, notre avenir sans balise ressemble à ça :

Mais bon !

Ce matin, une note d’Annie-Claude m’a donné envie de lui renvoyer la balle en sortant des images de mes tiroirs. Jusqu’à cet été, j’ignorais tout de la mode qui consiste à se jurer un amour éternel en accrochant un cadenas sur un pont et en jetant la clé aux poissons. J’ignore de quel pays ça vient et je trouve que c’est une drôle d’idée ou plutôt une idée pas drôle du tout car le symbole me terrifie !

A Moscou, à côté du Kremlin, une passerelle sur la Moskova a été spécialement aménagée pour accrocher les amours cadenassées.

C’est un passage obligé pour les mariés du jour qui viennent bruyamment sceller leur union sur ce pont avec leurs amis et beaucoup de bouteilles. Des milliers de cadenas pendent dans les arbres métalliques disposés le long du pont.

Quand les arbres débordent de trop de cadenas, ils sont déplacés aux abords de la passerelle (pensez-donc! pas question de mettre des « serments » à la décharge!) en attendant de rouiller complètement. Et d’autres arbres aux branches nues sont mis à la place des vieux, ainsi va la vie des russes !

Coïncidence, hier soir nous avons vu un film russe : le dernier voyage de Tania. Cela se passe dans le nord, et il y a une scène où les mariés accrochent un cadenas et lancent la clé dans la Volga. Tania n’aimait pas son mari, et lui était fou d’elle. J’ai eu l’impression qu’elle laissait tomber la clé dans le fleuve comme elle se serait passé une corde au cou…

C’est peut-être une mode qui nous vient de Russie ?

En tout cas, si je reviens à ce qui me préoccupe un peu trop en ce moment, comme je n’ai jamais juré de suivre mon employeur où il voudra bien m’emmener, pas question de partir à Paris!

L’Avatchinsky

le 13 octobre 2010, par LaTartine

Tout le monde se souvient du Petit Prince qui ramone soigneusement  ses volcans avant de quitter sa planète. « S’ils sont bien ramonés, les volcans brûlent doucement et régulièrement, sans éruptions. Les éruptions volcaniques sont comme les feux de cheminée. Évidemment sur notre terre nous sommes beaucoup trop petits pour ramoner les nos volcans. C’est pourquoi ils nous causent un tas d’ennuis. »

Je vous emmène voir un volcan très mal ramoné : c’est l’Avatchinsky (2741 m) qui domine Petropavlovsk. Le voici dans la très belle lumière d’un soir d’août.

Avatchinsky

L’éruption de 1945, considérée comme la plus importante des éruptions historiques de l’Avatchinsky, a laissé au sommet un cratère de 330 m de diamètre et 260 m de profondeur. Les matériaux projetés ont servi à la construction de bâtiments à Petropavlovsk.

L’ascension ne présente pas de difficulté, si ce n’est la dénivelée importante. Un bon sentier part du camp de base planté à environ 1000 m d’altitude. Il n’y a pas de végétation sur les flancs du volcan, donc pas grand-chose à voir à nos pieds à part quelques touffes fleuries qui sont venues s’accrocher par-ci par-là dans les lapilli noirs.

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Le chemin monte régulièrement, et zig ! et zag ! Le paysage tout autour s’agrandit au fur et à mesure de la grimpette. Nous découvrons la baie et la ville à une trentaine de km du volcan.

La baie d'Avatcha

Le ciel se couvre brutalement, quelques gouttes de pluie laissent place à un arc-en-ciel, et nous montons toujours, et zig ! et zag ! le rythme régulier, pas très fatigant, laisse du temps pour penser. Notre groupe de 12 s’étire dans la pente. C’est la première balade sérieuse, le guide ne nous connaît pas encore, il teste notre capacité à marcher.

Ascension de l'Avatchinsky

Une pause rapide au milieu de la montée permet de croquer quelques fruits secs sans avoir le temps de se refroidir. La 2ème partie de l’ascension se passe sur le flanc du volcan. Aux abords du sommet, la consistance du sol change, le terrain devient pulvérulent, la pente augmente et la progression ralentit dans la zone de cendres rouges qu’on voit très bien sur la 1ère photo. Je suis bien contente de trouver une corde en place pour les derniers mètres.

Et voilà, nous sommes au bord du cratère. Un vent froid, violent, déstabilisant disperse les fumerolles qui semblent s’échapper de partout. Les bords du cratère sont très colorés contrairement aux flancs noirs. Sur la photo, la crête est recouverte d’une croûte de soufre.

Bord du Cratère de l'Avatchinsky

Et sous la croûte, on trouve des cristaux.

cristaux de soufre

Fumerolles et nuage ? Fumerolles ou nuages ? Difficile de savoir, mais peu importe car quand la visibilité revient, ce que nous voyons nous stupéfie. Les 260 m du grand cratère de 1945 ont été complètement comblés par l’éruption de 1991. Nous le savions, mais le voir en vrai, c’est autre chose que de le lire ! Le remplissage s’est fait tout en douceur pendant les deux semaines de l’éruption.  La lave forme un énorme chaos noirâtre qui contraste avec la bordure jaune ou rouge.

Cratère de l'Avatchinsky

Il n’est pas recommandé de s’aventurer sur les blocs de lave instables, mais il est facile d’en faire partiellement le tour jusqu’au flanc à l’est du sommet qui a servi de déversoir vers la vallée.

Cratère de l'Avatchinsky

Des couleurs étonnantes !

Cratère de l'Avatchinsky

Le vent fort a complètement chassé les nuages, mais il fait un froid de canard, sauf dans un coin à l’abri des rafales, où, allongés par-terre, nous nous réchauffons avec délices car le sol est vraiment chaud par endroits !
Nous redescendons rapidement par un autre chemin, en courant tout droit face à la pente dans les cendres non tassées.

Un dernier coup d’œil vers l’arrière ! En haut à droite, on voit bien les fumerolles et le débordement de la lave sur l’autre flanc du volcan.

Avatchinsky

Les infos sur le volcan proviennent du site activolcans qui donne chaque jour l’état des volcans actifs de la planète.
(Click pour agrandir les photos)

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La baie d'Avatcha
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Ascension de l'Avatchinsky
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Bord du Cratère de l'Avatchinsky
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Mode d’emploi pour s’envoyer en l’air

le 7 octobre 2010, par LaTartine

1- Utiliser un peu de RTT

2- Déplier l’aile

3- Vérifier les accrochages

4- Se tenir fermement aux deux poignées placées sur le harnais du moniteur, une à sa gauche et une à sa droite. S’approcher avec l’aile tout au bord du plongeoir, et regarder vers le haut.
« - Tartine, tu es prête? »
« - Oui »   (c’est un petit oui, mais ce n’est pas le moment de se dégonfler!)
« - A trois on y va. un, deux, trois – on court, on court ! »

5- Et voilà, ensuite c’est magique. C’est le pilote qui fait tout! L’aile s’équilibre très vite, et glisse silencieusement le long des falaises. C’est encore mieux que de voler en rêve!

6- L’atterrissage, c’est dans la vallée, 800m plus bas, dans une prairie. Là encore, il faut faire confiance au pilote qui va faire rouler son aile sur l’herbe. Oui, on atterrit en position allongée et tout se passe très bien!

Un énorme merci à tous les apprentis moniteurs qui avaient besoin de cobayes cet après-midi pour passer leur brevet!

La main de fer

le 25 septembre 2010, par LaTartine

J’aime beaucoup les journées du patrimoine qui donnent l’occasion d’ouvrir les yeux sur la région où j’habite. On peut voyager à côté de chez soi !

A ceux qui  ne le connaissent pas, je présente Xavier Jouvin (1801 – 1844) qui a sa statue sur les quais de l’Isère à Grenoble.

Xavier Jouvin sur les quais

Dans sa main, ce ne sont pas les tables de la loi, ni les horaires de la diligence mais l’invention qui a révolutionné le métier de gantier : la main de fer. Au 19e siècle, la ganterie était l’industrie principale de la région de Grenoble. Tannage des peaux, découpe, couture: toutes ces opérations, et bien d’autres encore, étaient effectuées dans des ateliers ou à domicile dans les campagnes alentour.

Xavier Jouvin 1801-1844

Xavier Jouvin, qui était gantier et fils de gantier, a laissé son nom à la postérité parce qu’il a d’abord inventé les tailles de gants en étudiant toutes les formes de main (de nos jours même si t’achètes des gants mapa pour la vaisselle, tu  verras que cette numérotation bizarre sert encore).  Il a ensuite inventé la main de fer qui sert à découper plusieurs paires de gants d’un coup ! Ces deux inventions ont bouleversé le métier en apportant efficacité et précision (voilà que je parle comme un chef d’entreprise en train de séduire ses actionnaires… c’est pas dans la ligne éditoriale de laTartine !) et ont ruiné la corporation des découpeurs (pour le coup, le Xavier qui s’était considérablement enrichi avec sa main de fer qu’il avait fait breveter, s’est rattrapé en les soutenant financièrement).

Donc voilà la main de fer.

la main de fer

On voit sur la photo le socle sur lequel l’artisan va poser une douzaine de morceaux rectangulaires découpés dans les peaux. La partie femelle du gant de fer va s’encastrer sur le tas à l’aide d’une presse, et hop! le découpage de 6 paires de gants n’a pris que quelques secondes et on comprend vite pourquoi les découpeurs ont dû se recycler.

la presse

Alors maintenant on va regarder le résultat du découpage (clique sur la photo pour bien voir). En pliant en deux chaque grande pièce, le gantier obtient le corps du gant avec les 4 doigts. L’emplacement du pouce est évidé et les pouces ont été découpés avec un autre emporte-pièce, ce sont les deux morceaux ovales au fond à gauche.
Et les autres morceaux alors? Les bandelettes qui ont été découpées aux ciseaux s’appellent les fourchettes : elles seront cousues entre les faces supérieures et internes des doigts pour donner l’épaisseur (ne cherche pas sur les gants mapa, ils ne sont pas faits comme ça) ;  et comble du raffinement, les petits triangles qui s’appellent les piécettes s’insèrent quelque part au creux des doigts, ce qui permet au gant de s’ajuster parfaitement à la main.

les pièces du gant

Je passe sur l’étape de broderie pour aller directement à l’assemblage : « la piécette sera cousue au pouce, le pouce à la main interne et les six fourchettes aux deux faces du gant ».

la main chaude Les coutures qui ne doivent pas tirer sont contrôlées en introduisant une baguette dans chaque doigt, c’est le baguettage. Et l’opération de dressage consiste à placer quelques instants le gant sur la « main chaude » pour lui donner vie !

C’est un couple de gantiers qui a expliqué avec passion toutes les étapes de la fabrication des gants en chevreau qui sont leur spécialité.

Ils ont raconté comment ils se démènent pour trouver un financement pour former des apprentis qui pourraient reprendre le flambeau, car les commandes ne manquent pas. Les gants qu’ils fabriquent sont magnifiques et finalement pas si chers que ça si on compare aux prix des fringues à la mode fabriquées en Chine.

Si tu passes par Grenoble, viens donc faire un tour aux Gants Lesdiguières de la rue Voltaire…

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Xavier Jouvin sur les quais
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Xavier Jouvin 1801-1844
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la main de fer
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les pièces du gant
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la main chaude

Une histoire de conserve

le 20 septembre 2010, par LaTartine

Cela ressemble à une histoire de Léonard, et c’était dans Le Monde de ce samedi.

La boite de conserve en métal a été inventée en 1810 par un certain Peter Durand (15 ans après le principe de la conserve par Nicolas Appert) et il a fallu attendre 1850 pour que l’ouvre-boite soit inventé !
Pour avoir failli crever de faim à La Salvetat-sur-Agout devant une énorme boîte de confit de canard qui résistait au tournevis, à l’opinel et aux menaces, j’imagine le danger couru par les soldats qui ont dû ouvrir les boites de conserve à la baïonnette pendant près de 40 ans! Se nourrir devait être aussi périlleux que les champs de bataille.

Toujours d’après l’article du Monde, la clé universelle des boites de sardines a été inventée vers la fin du 19ème siècle,  et l’anneau magique qui dispense d’ouvre-boîte, vers la fin des années 60. Malgré tout, au 21ème siècle, si tu n’as pas un ouvre-boîte sérieux dans ton sac-à-dos, n’espère pas te nourrir avec une conserve artisanale de La Salvetat-sur-Agout!

Ici, le canular téléphonique de Francis Blanche qui n’arrive pas à ouvrir une boite de petits pois (je ne connaissais pas et j’en ris encore!)

Et Dieu ?

le 16 septembre 2010, par LaTartine

Tout va bien pour Dieu en Russie ! Après 70 ans de bannissement, il est revenu en force et il a retrouvé une place qui n’est pas négligeable. Ses églises sont ouvertes, rénovées, dorées, astiquées et fréquentées. La mécréante que je suis a du mal à comprendre le pourquoi de tant de marques de dévotion de la part des fidèles qui embrassent les icônes et se signent à tours de bras. Mais pourquoi pas !
C’est l’architecture de ces églises qui me plaît. Et à Petropavlovsk, nous n’avons pas été déçus avec cette grande église en construction.

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Nous avons passé un moment à commenter l’état d’avancement des travaux en regardant le pope qui suivait les choses de près.

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Jusqu’à ce qu’un homme s’avance vers nous trois et nous entraîne à l’intérieur du chantier. Il nous a fait rapidement grimper sur le toit, a fait admirer la vue superbe sur la baie et les dorures des bulbes.

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Mais comme la visite ne devait pas être autorisée, il ne fallait pas s’attarder. En redescendant j’ai juste eu le temps de photographier les échafaudages dans la nef.

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Et c’est alors que nous avons croisé le pope qui montait. Pour la discrétion c’était raté ! Ce n’était plus le moment d’examiner les fresques en cours de réalisation.

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Notre guide nous a raccompagnés dehors en vitesse, nous l’avons remercié avec notre tout petit vocabulaire russe. Je pense qu’il a compris que son initiative nous avait fait un plaisir fou et j’espère qu’il n’a pas eu d’ennuis avec le pope !
Voilà une des rencontres qui nous ont motivés pour apprendre le russe et ce soir nous avons pris rendez-vous avec une dame à l’accent chantant qui sera peut-être notre prof de russe à partir de la semaine prochaine.

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